{"id":1318,"date":"2020-01-31T14:47:57","date_gmt":"2020-01-31T13:47:57","guid":{"rendered":"http:\/\/artinterview.bai-bao.fr\/?post_type=critique&#038;p=1318"},"modified":"2022-12-31T13:08:48","modified_gmt":"2022-12-31T12:08:48","slug":"histoire-de-la-critique-dart","status":"publish","type":"critique","link":"https:\/\/artinterview.com\/en\/critique\/histoire-de-la-critique-dart\/","title":{"rendered":"Histoire de la critique d\u2019art"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Adalberto Borioli s\u2019entretient avec Gerard-Georges Lemaire au sujet de son dernier libre,&nbsp;<em>Histoire de la critique d\u2019art<\/em>, publi\u00e9 par klincksieck.<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>Vous affirmez que la critique d\u2019art, telle que nous l\u2019entendons, est n\u00e9e au Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res. Mais vous remontez jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9 grecque et latine. Pour quelle raison ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>La critique d\u2019art a une longue histoire, et on ne peut pas la comprendre sans faire ce retour en arri\u00e8re. Les Grecs et les Latins ne critiquaient pas les \u0153uvres comme nous le faisons, mais en faisaient des descriptions (ekphrasis) qu\u2019on suppose tr\u00e8s pr\u00e9cises (les \u0153uvres en question, m\u00eame des plus grands artistes ont toutes disparues ; en revanche, il existe des copies des sculptures). La plupart du temps, il ne nous reste des grecs anciens que des fragments d\u2019\u00e9crits, qui nous permettent de savoir que l\u2019art a \u00e9t\u00e9 un sujet d\u2019\u00e9tude en dehors des pures consid\u00e9rations philosophiques, comme celles de Platon, par exemple.<\/p>\n<p>Pendant la p\u00e9riode latine, plusieurs ouvrages nous sont parvenus comme celui des <b>Philostrate<\/b> (grand-p\u00e8re et petit-fils \u2013 au XIXe si\u00e8cle, on croyait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une seule et m\u00eame personne). Ils d\u00e9crivent avec minutie les soixante-quatre tableaux cette collection qui a disparu, mais on en conna\u00eet la composition par le menu (en dehors du fait qu\u2019il n\u2019y a aucune indication des couleurs, ce qui reste troublant car si la peinture de l\u2019\u00e9poque est r\u00e9aliste, on peut supposer qu\u2019une pomme puisse \u00eatre rouge ou jaune !).<\/p>\n<p>Autre caract\u00e9ristique int\u00e9ressante : ces textes sont \u00e9crits en grec.<\/p>\n<p><b>Lucien de Samosate<\/b> (vers 120 \u2013 vers 180), n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cette r\u00e8gle et emploie m\u00eame le dialecte ionien ! Il a souvent parl\u00e9 de peintres, en particulier du mythique Appelle de Cos (IVe si\u00e8cle avant notre \u00e8re), auteur pr\u00e9sum\u00e9 d\u2019un portrait d\u2019Alexandre le Grand. Lucien analyse les figures et les all\u00e9gories qui constituent l\u2019un de ses tableaux dans un texte intitul\u00e9 <i>Qu\u2019il ne faut pas croire \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re \u00e0 la calomnie <\/i>; il fait \u00e9tat d\u2019une situation juridique dans laquelle il se trouve \u00e0 cause d\u2019une d\u00e9nonciation. Il y fustige le mensonge, l\u2019ignominie, la d\u00e9lation, insistant sur les th\u00e8mes moraux du tableau. Il n\u2019est pas le seul \u00e0 avoir parler de cette composition que tous vont trouver admirable : Cic\u00e9ron (106 \u2013 43 avant notre \u00e8re) et Pline l\u2019Ancien avaient, avant lui, lou\u00e9 cette merveille de l\u2019art grec. Mais on ignore si les uns et les autres l\u2019ont v\u00e9ritablement vu de leurs yeux ou s\u2019ils ne se sont uniquement repos\u00e9s sur des textes pr\u00e9c\u00e9dents. Il a \u00e9galement utilis\u00e9 un autre peintre fameux, d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame \u00e9poque qu\u2019Appelle (il aurait peint les raisins qui auraient aiguis\u00e9 la gourmandise des oiseaux qui les ont crus bien r\u00e9els) dans Zeuxis ou Antiochos. Il examine tout ce qui peut faire l\u2019originalit\u00e9 et la valeur d\u2019un tableau, et sugg\u00e8re que la nouveaut\u00e9 du sujet risque de faire oublier les qualit\u00e9s propres de la peinture. L\u00e0, encore, \u00e0 des fins sans doute biais\u00e9es, Lucien d\u00e9passe le simple contexte de la description. Etudi\u00e9 d\u00e8s le XVe si\u00e8cle, en particulier par Gian Battista Alberti, Lucien a eu une influence consid\u00e9rable sur l\u2019art de la Renaissance : Botticelli, D\u00fcrer et bien d\u2019autres se sont inspir\u00e9s de sa longue description de <i>Qu\u2019il ne faut pas croire \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re \u00e0 la calomnie<\/i>. La question qui demeure en suspend est de savoir si ce panneau a bien \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 par Apelle ou si c\u2019est l\u2019\u00e9crivain qui l\u2019a imagin\u00e9 de toute pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Enfin, dans son <i>Histoire Naturelle<\/i>, <b>Pline l\u2019Ancien<\/b> (23-79) a r\u00e9dig\u00e9 une \u00e9bauche d\u2019histoire de l\u2019art grec et (en filigrane) romain. On y d\u00e9c\u00e8le de nombreuses lacunes, des erreurs, des impr\u00e9cisions, mais il ne faut pas oublier que plus de quatre si\u00e8cles les s\u00e9parent de l\u2019\u00e2ge d\u2019or de P\u00e9ricl\u00e8s ! Il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019avant-courrier de l\u2019histoire de l\u2019art, qui va se d\u00e9velopper pendant la Renaissance, dans des termes qui sont encore d\u2019une pr\u00e9cision sans \u00e9gal. Mais il ne fait absolument aucun doute pour moi que Lucien a introduit le ver dans le fruit : comme il avait coutume de discuter d\u2019une question pour en mettre en \u00e9vidence une autre, peut-\u00eatre que cela a \u00e9t\u00e9 involontaire de sa part. Quoi qu\u2019il en soit, il esquisse des commentaires et des jugements sur la peinture qui doivent \u00eatre compris au-del\u00e0 de la simple bravoure technique de l\u2019artiste.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>Comment cette litt\u00e9rature se d\u00e9veloppe-t-elle au cours du Moyen \u00c2ge ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>Dans ce domaine, le Moyen \u00c2ge a \u00e9t\u00e9 une longue parenth\u00e8se. On \u00e9crit sur l\u2019art, certes, mais sans parler des mod\u00e8les antiques et en postulant qu\u2019art et th\u00e9ologie ne faisaient qu\u2019une et m\u00eame chose et donc r\u00e9pondaient aux m\u00eames crit\u00e8res. Les artistes appartiennent \u00e0 des corporations et les \u0153uvres sont d\u00e9termin\u00e9es en fonction de crit\u00e8res sacr\u00e9s, de l\u2019abbatiale au vitrail. D\u2019aucuns, comme les moines cisterciens veulent abolir l\u2019art figuratif. Il existe donc une litt\u00e9rature abondante et tr\u00e8s cultiv\u00e9e, mais qui ne se situe plus du tout dans la perspective ancienne.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>Qu\u2019est-ce qui va d\u00e9clencher un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les \u0153uvres d\u2019art et leur commentaire ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>En fait, il faut attendre la fin de cette p\u00e9riode, au moment o\u00f9 apparaissent des ouvrages inspir\u00e9s de l\u2019art byzantin. Il ne s\u2019agit pas d\u2019imiter les Byzantins, mais de comprendre de quelle fa\u00e7on ils peuvent aider par leur exp\u00e9rience picturale et d\u00e9corative ininterrompue pour retrouver les racines profondes de l\u2019art chr\u00e9tien. La peinture retrouve une place qu\u2019elle avait perdue (les enluminures \u00e9taient plus pris\u00e9es que les fresques). Mais si l\u2019art conna\u00eet un essor fulgurant, d\u2019abord en Italie, ce n\u2019est pas tout de suite qu\u2019on a produit des pages pour louer leur valeur. Il faut attendre l\u2019acad\u00e9mie de <b>Marsile Ficin<\/b> pour qu\u2019apparaissent les noms des deux grands pr\u00e9curseurs toscans : Cimabue et Giotto (cit\u00e9s, certes, mais jamais leurs travaux sont analys\u00e9s). Dans les faits, les peintres sont de plus en plus valoris\u00e9es et leurs interventions dans les palais et les \u00e9glises sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es \u00e0 tr\u00e8s haut prix. Mais il faut attendre la fin de la Renaissance pour voir appara\u00eetre une litt\u00e9rature qui concerne les artistes du pr\u00e9sent et leurs grandes r\u00e9alisations. On commence \u00e0 faire des biographies d\u2019artistes vivants (comme celle de Michel-Ange par De Hollande, par exemple).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>Quel r\u00f4le a tenu le c\u00e9l\u00e8bre ouvrage de Giorgio Vasari, Vite de pi\u00f9 eccelenti pittori\u2026 ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p><b>Giorgio Vasari <\/b>(1511-1574) \u00e9tait un peintre r\u00e9put\u00e9 et de grand talent de la fin de cette p\u00e9riode. Il a voulu faire une histoire de la peinture italienne de ses d\u00e9buts (toujours Cimabue et Giotto) jusqu\u2019\u00e0 son \u00e9poque. Il a entrepris cette grande \u0153uvre vers 1560, et en a termin\u00e9 la seconde version augment\u00e9e en 1568. Il a pass\u00e9 trois ans de sa vie \u00e0 rechercher des documents, \u00e0 interroger des t\u00e9moins, et \u00e0 voyager pour voir ou revoir de grandes pi\u00e8ces monumentales. C\u2019est un curieux m\u00e9lange de m\u00e9thode \u00e9rudite et de libre fantaisie ! Mais c\u2019est le grand anc\u00eatre de l\u2019histoire de l\u2019art.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s lui, vont se multiplier les histoires de ce genre et puis les biographies des peintres et des sculpteurs. C\u2019est donc l\u00e0 une \u00e9tape fondamentale qui a permis le d\u00e9veloppement d\u2019une litt\u00e9rature artistique toujours plus abondante, et m\u00eame la publication de guides artistiques concernant des villes italiennes d\u00e8s le XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>Mais, si je vous suis bien, ce n\u2019est pas encore la naissance de la critique d\u2019art proprement dites ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>Pas encore, car il y a eu encore une tr\u00e8s importante \u00e9tape interm\u00e9diaire. Et elle s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en France. Pour dire les choses bri\u00e8vement, il y eu la volont\u00e9 de s\u2019emparer du grand h\u00e9ritage de l\u2019art italien pour le transf\u00e9rer dans notre pays. Durant la Haute Renaissance, l\u2019art italien aurait commenc\u00e9 son d\u00e9clin et l\u2019art fran\u00e7ais, son ascension. L\u2019homme qui aurait favoris\u00e9 ce renversement historique serait Nicolas Poussin. Des amateurs \u00e9clair\u00e9s comme <b>Roger de Piles<\/b> et <b>Andr\u00e9 F\u00e9libien <\/b>sont devenus ces nouveaux historiens qui ont imagin\u00e9 cette man\u0153uvre qui trouve un \u00e9cho dans la fondation de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture en 1648. L\u2019art fran\u00e7ais est d\u00e9sormais l\u2019art pr\u00e9pond\u00e9rant en Europe.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>Ce renversement de perspective a certainement eu des cons\u00e9quences consid\u00e9rables. Comment analysez-vous cette nouvelle situation ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>Elle d\u00e9place l\u2019int\u00e9r\u00eat des dilletanti \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire de vrais connaisseurs, parfois des collectionneurs avis\u00e9s \u2013 sur le champ de la cr\u00e9ation fran\u00e7aise. L\u2019Italie devient une pure r\u00e9f\u00e9rence du pass\u00e9. Certains d\u2019entre eux \u00e9crivent sur les artistes de leur temps. Etrangement, beaucoup d\u2019abb\u00e9s s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la question. Mais ce n\u2019est pas si \u00e9trange, car l\u2019Eglise demeure l\u2019un des principaux commanditaires d\u2019\u0153uvres d\u2019art. Les acad\u00e9miciens \u00e9taient alors ravis que des auteurs instruits dans la question de l\u2019art viennent observer leurs nouveaux travaux et puissent en faire l\u2019\u00e9loge. Mais ce n\u2019est pas ce qui se passe. Sans entrer dans le d\u00e9tail, des commentaires malveillants font leur apparition. Des auteurs anonymes \u00e9mettent des remarques d\u00e9sobligeantes et des libelles parfois outranciers circulent sous le manteau pour ridiculiser l\u2019un ou l\u2019autre des exposants \u00e0 partir du moment o\u00f9 le Salon royal de peinture et de sculpture a exist\u00e9. Les artistes se sont plaints, en ont appel\u00e9 \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 du roi, mais rien n\u2019a pu arr\u00eater la vague de fond.<\/p>\n<p>Des esprits \u00e9clair\u00e9s comme <b>La Font de Saint-Yenne<\/b>, qui a publi\u00e9 en 1747 ses <i>R\u00e9flexions sur l\u2019\u00e9tat pr\u00e9sent de la peinture en France <\/i>plaide pour la cr\u00e9ation d\u2019un mus\u00e9e ouvert \u00e0 tous comme l\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le Salon, mais d\u00e9clenche un v\u00e9ritable conflit entre les artistes et leurs commentateurs : La Font de Saint-Yenne est persuad\u00e9 que quiconque a le droit d\u2019exprimer son opinion en toute libert\u00e9. C\u2019est \u00e0 parti de l\u00e0 que d\u00e9bute la critique d\u2019art dans un climat d\u00e9l\u00e9t\u00e8re !<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p> Pourtant, tout le monde s\u2019accorde pour consid\u00e9rer Denis Diderot comme le fondateur de la critique d\u2019art ? Pourquoi ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>C\u2019est vrai que cela peut para\u00eetre \u00e9trange car, peu avant lui, beaucoup d\u2019auteurs ont \u00e9crits sur les ouvrages pr\u00e9sent\u00e9s au Salon. Lorsque Grimm lui demande d\u2019\u00e9crire la chronique du Salon pour sa revue <i>Correspondance litt\u00e9raire<\/i> circulant dans toutes les cours europ\u00e9ennes, <b>Diderot<\/b> va v\u00e9ritablement cr\u00e9er un genre litt\u00e9raire en soi : et c\u2019est qu\u2019on appellera la critique d\u2019art.<\/p>\n<p>De grands \u00e9crivains vont, surtout \u00e0 partir du d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, consacrer une grande partie de leur \u0153uvre critique \u00e0 la visite du Salon, devenu le plus grand \u00e9v\u00e9nement culturel en France, avec une aura dans toute l\u2019Europe. Stendhal, Edmond About, Th\u00e9ophile Gautier, Charles Baudelaire, Emile Zola, Octave Mirbeau, Guy de Maupassant, pour ne citer qu\u2019eux, seront de grands salonniers. M\u00eame des artistes vont prendre la plume. Et la presse, en pleine expansion, offrira beaucoup de place \u00e0 ces comptes rendus. D\u2019aucuns seront repris en volumes.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>Mais il n\u2019y avait pas que de grands auteurs \u00e0 se consacrer \u00e0 cet exercice ! Des plumes plus modestes font leur apparition, n\u2019est-ce pas ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>C\u2019est vrai. Le journaliste artistique prend aussi son essor, avec de vrais talents et des talents m\u00e9diocres. De plus, une presse sp\u00e9cialis\u00e9e fait aussi son apparition, comme la revue L\u2019Artiste, qui voit le jour en 1831. On peut y lire des articles de Chateaubriand, de Balzac, de Jules Janin, puis de Th\u00e9ophile Gautier (qui en prendra la direction) et de Nodier. On y publie aussi des extraits des Salons de Diderot. En dehors de cette presse sp\u00e9cifique, tous les p\u00e9riodiques donnent de plus en plus d\u2019espace \u00e0 l\u2019art et fait du Salon l\u2019\u00e9v\u00e9nement culturel de l\u2019ann\u00e9e en France. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que s\u2019\u00e9tablit solidement la critique d\u2019art, sous toutes ses formes, avec des auteurs de premier plan et des journalistes qui tirent \u00e0 la ligne.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<div class=\"intBlockQR\">\n    <div class=\"intBlockQR__Q\"><p>L\u2019id\u00e9e de modernit\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, changera-t-elle quelque chose \u00e0 cet \u00e9tat de fait ?<\/p>\n<\/div>\n    <div class=\"intBlockQR__R\"><p>En fait non : elle ne fait que l\u2019amplifier ! On \u00e9crit de plus en plus sur les artistes ou sur les courants novateurs, on cr\u00e9e m\u00eame une sorte de l\u00e9gende et les pol\u00e9miques enflent dans les journaux ! De plus en plus d\u2019artistes se lancent dans la m\u00eal\u00e9e et des auteurs se sp\u00e9cialisent m\u00eame dans ce genre, comme <b>Michel Georges-Michel<\/b> avec <i>Les Montparnos<\/i>, qui ont obtenu un succ\u00e8s \u00e9norme !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Cette faveur autant du c\u00f4t\u00e9 des hommes et femmes de lettres, que des artistes dure jusqu\u2019aux ann\u00e9es cinquante, o\u00f9 l\u2019on assiste peu \u00e0 peu \u00e0 un d\u00e9clin. Les critiques se changent aussi en promoteurs, comme l\u2019a fait <b>Pierre Restany<\/b> quand il fonde le Nouveau R\u00e9alisme. Les \u00e9crivains s\u2019\u00e9loignent peu \u00e0 peu de ce territoire. La critique d\u2019art, dans le sens traditionnel meurt, sans que l\u2019on s\u2019en \u00e9meuve beaucoup. M\u00eame les historiens d\u2019art qui pratiquaient ce genre de commentaires sont de moins en moins nombreux. La critique est morte. Mais qui osera dire : Vive la critique !?<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/images.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9621\" width=\"151\" height=\"235\" srcset=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/images.jpg 386w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/images-193x300.jpg 193w\" sizes=\"auto, (max-width: 151px) 100vw, 151px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"docTitle\"><br>G\u00e9rard-Georges Lemaire, <br>Histoire de la critique d\u2019art<br>Paris, Klincksieck, 2018, 480 p.<\/h5>\n","protected":false},"featured_media":1320,"template":"","class_list":["post-1318","critique","type-critique","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_crit-philosophie"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Histoire de la critique d\u2019art - Art Interview<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/artinterview.com\/en\/critique\/histoire-de-la-critique-dart\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Histoire de la critique d\u2019art - Art Interview\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Adalberto Borioli s\u2019entretient avec Gerard-Georges Lemaire au sujet de son dernier libre,&nbsp;Histoire de la critique d\u2019art, publi\u00e9 par klincksieck. 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