{"id":10820,"date":"2022-04-10T20:24:28","date_gmt":"2022-04-10T18:24:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.artinterview.com\/?post_type=critique&#038;p=10820"},"modified":"2023-10-10T14:29:11","modified_gmt":"2023-10-10T12:29:11","slug":"baxter-vera-baxter-parresia-filmique-chez-maguerite-duras","status":"publish","type":"critique","link":"https:\/\/artinterview.com\/en\/critique\/baxter-vera-baxter-parresia-filmique-chez-maguerite-duras\/","title":{"rendered":"Baxter Vera Baxter \u2013 Parr\u00easia filmique chez Maguerite Duras"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"390\" src=\"https:\/\/www.artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/duras-categorie.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10821\" srcset=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/duras-categorie.jpg 750w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/duras-categorie-300x156.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>Marguerite Duras<\/em>, \u00e9crivain du XX\u00e8me si\u00e8cle, appartient \u00e0 la caste des \u00e9crivains-r\u00e9alisateurs fran\u00e7ais. Exception culturelle ou volont\u00e9 d\u2019\u00e9mancipation vis-\u00e0-vis du support cr\u00e9atif, les plus grands noms de la litt\u00e9rature moderne se sont souvent pr\u00eat\u00e9s au jeu de la cam\u00e9ra. Notamment ceux que <em>Jean-Luc Godard <\/em>appellera \u201cla bande des quatre\u201d <em>Pagnol, Guitry, Cocteau, Duras <\/em>parmi tant d\u2019autres, ont su apporter au cin\u00e9ma leur cr\u00e9ation novatrice.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un personnage, une artiste singuli\u00e8re dont l\u2019\u0153uvre comme la vie sont emplies de myst\u00e8res, de tergiversations et d\u2019extr\u00e9mismes. De cette ambigu\u00eft\u00e9 savamment orchestr\u00e9e et \u00e9tudi\u00e9e, la r\u00e9alisatrice tirera une vingtaine de r\u00e9alisations entre 1966 et 1985. Des films en \u00e9volution perp\u00e9tuelle mais qui gardent en leur sein l\u2019unicit\u00e9 de l\u2019artiste. <em>Duras <\/em>utilise sa voix, sa vie, son histoire, son amant pour jouer, singulariser son cin\u00e9ma. Elle cr\u00e9e une \u0153uvre \u00e0 son image : \u00e9clectique et myst\u00e9rieuse.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Duras<\/em>, femme de conviction, para\u00eet cependant au fur et \u00e0 mesure que l\u2019on d\u00e9couvre le personnage, d\u2019une versatilit\u00e9 exacerb\u00e9e. Une femme, \u00e9crivain, r\u00e9alisatrice, qui ne semble pour autant pas se faire une id\u00e9e claire et d\u00e9finitive du r\u00f4le du cin\u00e9ma dans le d\u00e9veloppement de son art. Interrog\u00e9e \u00e0 ce sujet par <em>Pierre Hahn<\/em> elle r\u00e9pond :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u201cNon. Cela ne m\u2019a rien apport\u00e9\u201d.<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le m\u00eame th\u00e8me, elle r\u00e9pond \u00e0 <em>Hubert Nyssen <\/em>en 1969 : <\/p>\n\n\n\n<p><em>\u201cC\u2019est secondaire dans ma vie, le cin\u00e9ma. \u00c7a ne remplace pas l\u2019\u00e9criture. Le cin\u00e9ma est venu \u00e0 moi. C\u2019\u00e9tait Resnais. Il avait un cr\u00e9dit, un d\u00e9lai de neuf semaines, pas de sujet. J\u2019ai travaill\u00e9 rapidement pour le d\u00e9panner. Mais je n\u2019ai rien provoqu\u00e9. C\u2019est tout. Le cin\u00e9ma est une exp\u00e9rience parall\u00e8le. Rien n\u2019est plus difficile qu\u2019un livre.\u201d<a href=\"#_ftn1\">[2]<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, dans son film <em>Baxter, Vera Baxter<\/em> sorti en 1977, l\u2019\u00e9crivain et r\u00e9alisatrice <em>Marguerite Duras<\/em> pose de fa\u00e7on subtile et implicite les questionnements qui lui sont propres sur la nature humaine et se place dans la position de la parr\u00e8siaste&nbsp;:<em>\u201cLe parr\u00e8siaste est quelqu\u2019un qui prend un risque. [\u2026] Quand, par exemple, vous voyez un ami mal agir et que vous prenez le risque de le mettre en col\u00e8re parce que vous lui dites qu\u2019il a tort, vous \u00eates un parr\u00e8siaste&nbsp;[\u2026]. Ainsi, vous le voyez, la parr\u00easia est li\u00e9e au danger, elle est<\/em> <em>li\u00e9e au courage. C\u2019est le courage de dire la v\u00e9rit\u00e9 en d\u00e9pit du danger. Dans la parr\u00easia, dire la v\u00e9rit\u00e9 s\u2019inscrit dans le jeu de la vie et de la mort.\u201d<a href=\"#_ftn1\">[3]<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La parr\u00easia, c\u2019est donc offrir une v\u00e9rit\u00e9 m\u00eame si celle-ci nous fait plonger dans une r\u00e9alit\u00e9 de notre condition que nous nous refusons \u00e0 voir, \u00e0 appr\u00e9cier dans notre vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Victime de ses propres d\u00e9cisions, l\u2019homme est donc comme dans le <em><u>mythe de la caverne<\/u><\/em> de <em>Platon<\/em>. Pris au pi\u00e8ge de sa propre logique, de sa propre envie du meilleur, de son propre id\u00e9alisme et de ses propres peurs de ce que peut \u00eatre l\u2019ext\u00e9rieur, de sa peur de lui-m\u00eame et de ce qui l\u2019entoure. <\/p>\n\n\n\n<p><em>\u201cNon seulement le parr\u00e8siaste est sinc\u00e8re, non seulement il dit avec franchise quelle est son opinion, mais son opinion est \u00e9galement la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;; il dit ce qu\u2019il sait \u00eatre vrai. Dans la parr\u00easia, il y a une co\u00efncidence, une exacte co\u00efncidence, entre croyance et v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est la seconde caract\u00e9ristique importante de la parr\u00easia.\u201d<a href=\"#_ftn1\">[4]<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"400\" src=\"https:\/\/www.artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/20301958-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10841\" srcset=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/20301958-1.jpg 900w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/20301958-1-300x133.jpg 300w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/20301958-1-768x341.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est la raison pour laquelle les films de <em>Marguerite Duras<\/em> peuvent \u00eatre si clivants, poussant tant\u00f4t \u00e0 la remise en question, tant\u00f4t \u00e0 l\u2019acceptation de l\u2019inacceptable, ils se d\u00e9veloppent, s\u2019attachent \u00e0 l\u2019esprit de chaque spectateur de mani\u00e8re diff\u00e9rente, provocant rejet ou approbation. Cette communiste affich\u00e9e qui poss\u00e8de comme mot d\u2019ordre la destruction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise qu\u2019elle ex\u00e8cre et le replacement de l\u2019homme au c\u0153ur de la soci\u00e9t\u00e9 va se servir du cin\u00e9ma comme d\u2019un moyen de transmission de cette pens\u00e9e. Une pens\u00e9e qu\u2019elle va d\u00e9velopper de sorte \u00e0 faire r\u00e9fl\u00e9chir le spectateur. C\u2019est le particularisme de <em>Duras <\/em>la cin\u00e9aste, cette volont\u00e9 farouche de cr\u00e9er une \u0153uvre cin\u00e9matographique qui touche et fait penser.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que cherche la cin\u00e9aste c\u2019est donc nous d\u00e9livrer de nos principes en nous montrant la v\u00e9rit\u00e9, une v\u00e9rit\u00e9 inavouable sur ce qui constitue l\u2019homme, les \u00e9motions comme l\u2019amour, les normes de la soci\u00e9t\u00e9, la pudeur de la civilisation, tous ces objets constitutifs du malheur de l\u2019homme. Tous ces objets qu\u2019il faut lui r\u00e9v\u00e9ler en passant par le truchement d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 onirique, une r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 l\u2019invraisemblance de l\u2019\u00eatre humain rev\u00eat les traits de la vraisemblance de sa condition. Une remarque que fait <em>Laure Adler <\/em>\u00e0 propos du personnage de <em>Vera <\/em>:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u201cDuras fait un cin\u00e9ma de plus en plus onirique, po\u00e9tique et autobiographique. Elle invente un ton et une mani\u00e8re de dire le d\u00e9sespoir de l\u2019amour. Comment aimer ? Jusqu\u2019o\u00f9 ? Que se passe-t-il entre un homme et une femme qui vivent en couple ? O\u00f9 est l\u2019insupportable ? Que peut endurer une femme ? Baxter ne vit que dans l\u2019adult\u00e8re. Sa femme l\u2019accepte. Un jour il s\u2019en va sans pr\u00e9venir. Vera l\u2019attend dans l\u2019\u00e9pouvante. Il revient et vend sa femme tr\u00e8s cher. Il la jette hors du mariage pour qu\u2019elle soit d\u00e9sirable. Vera devient adult\u00e8re sur ordre de son mari. Le film est un po\u00e8me satirique et f\u00e9ministe sur la mort du couple bourgeois.La fin estd\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment \u00e9nigmatique. Duras renvoie le spectateur \u00e0 ses propres limites et cherche \u00e0 le troubler, \u00e0 le questionner.\u201d<a href=\"https:\/\/www.artinterview.com\/wp-admin\/post.php?post=10820&amp;action=edit#_ftn1\">[5]<\/a><\/em><br><br>Dans ce m\u00eame esprit, elle n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 jouer notamment du son, dimension suppl\u00e9mentaire par rapport \u00e0 la litt\u00e9rature, pour cr\u00e9er une dichotomie entre la repr\u00e9sentation visuelle donn\u00e9e par l\u2019image et le son. S\u2019installe un nouveau trouble chez le spectateur entre l\u2019intradi\u00e9g\u00e9tique et l\u2019extradi\u00e9g\u00e9tique. En effet, le son de la musique du film se doit logiquement d\u2019\u00eatre intradi\u00e9g\u00e9tique puisque celle-ci est sens\u00e9e venir d\u2019une villa des jardins de Thionville. <em>Vera<\/em>, elle, se trouve enferm\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une maison qui semble situ\u00e9e assez loin de l\u00e0. Pourtant le volume de la musique couvre presque les dialogues, une anomalie sous forme de dichotomie : entre l\u2019explication donn\u00e9e sur l\u2019origine de cette musique et la fa\u00e7on dont elle est per\u00e7ue, entendue par le spectateur, il y a une corr\u00e9lation impossible. Par ailleurs, lorsque <em>Vera <\/em>appelle son mari qui se trouve \u00e0 Chantilly, la musique continue. Une question peut alors se poser logiquement : comment le mari peut-il entendre la musique qui est jou\u00e9e \u00e0 l\u2019autre bout du fil, aussi forte soit-elle ? Mais une nouvelle fois entre l\u2019utilisation et la logique un gap se forme lorsque le mari de <em>Vera <\/em>raccroche, la musique, elle, continue \u00e0 se jouer durant quelques secondes. Cette musique ne peut \u00eatre transport\u00e9e et audible par les deux personnages situ\u00e9s l\u2019un \u00e0 Thionville et l\u2019autre \u00e0 Chantilly. Il y a donc une absence de logique, de fondement, on se trouve alors \u00e0 nouveau en pr\u00e9sence de codes qui d\u00e9passent voir m\u00eame transfigurent le r\u00e9el pour le modeler \u00e0 nouveau. <em>Duras<\/em> nous fait ainsi tomber dans un onirisme qui permet au spectateur de briser ses propres codes et fronti\u00e8res et se laisse aller \u00e0 une r\u00e9flexion nouvelle, \u00e0 accepter l\u2019inacceptable, penser l\u2019impensable.<\/p>\n\n\n\n\n<script>\n  $( document ).ready(function() {\n  var pathDirections = {\n  view: 'M155.5,50l-50-50l-5,5l45,45l-45,45l5,5L155.5,50z M0,50l50,50l5-5L10,50L55,5l-5-5L0,50z',\n  exit: 'M55,50L5,0L0,5l45,45L0,95l5,5L55,50z M100.5,50l50,50l5-5l-45-45l45-45l-5-5L100.5,50z',\n};\n\nvar svgURI = 'http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg';\n\nFlickity.FullscreenButton.prototype.createIcon = function() {\n  var svg = document.createElementNS( svgURI, 'svg');\n  svg.setAttribute( 'class', 'flickity-button-icon' );\n  svg.setAttribute( 'viewBox', '0 0 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r\u00e9flexion propre sortant de l\u2019ordinaire et d\u2019\u00e9treindre plus ais\u00e9ment cette position prise de parr\u00easia. Car, c\u2019est le r\u00f4le du parr\u00e8siaste, de pousser avec courage la v\u00e9rit\u00e9 jusqu\u2019au point o\u00f9 celle-ci devient d\u00e9rangeante. L\u2019\u00eatre humain qui tente de se cacher sa propre condition, une fois mis face \u00e0 celle-ci peut avoir du mal \u00e0 l\u2019accepter. Il devient ainsi r\u00e9fractaire \u00e0 celui qui, dans un souci d\u2019honn\u00eatet\u00e9 absolue confronte l\u2019homme \u00e0 ce qu\u2019il a de plus path\u00e9tique, de plus incompr\u00e9hensible ; l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019accepter son sort, son r\u00f4le<em>. <\/em>Ainsi la r\u00e9alisatrice met le spectateur dans une situation qu\u2019il s\u2019efforce habituellement de se cacher \u00e0 lui-m\u00eame : son incapacit\u00e9 \u00e0 confronter la nature, nature qu\u2019il cherche pourtant \u00e0 affronter dans un but singulier. La parr\u00e8siaste nous confronte aussi \u00e0 la mort et ce que nous en faisons, des interpr\u00e9tations absurdes, une sacralisation de notre dernier souffle car la perte d\u2019un \u00eatre est inexplicable, irr\u00e9m\u00e9diable et pourtant, l\u2019homme ne peut s\u2019y r\u00e9soudre.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme l\u2019\u00eatre humain tente par tous les moyens d\u2019\u00e9viter l\u2019in\u00e9vitable, n\u2019est-ce pas l\u00e0 le principe m\u00eame de se cacher une v\u00e9rit\u00e9 immuable&nbsp;? Se la cacher car elle nous semble obsc\u00e8ne . Cette obsc\u00e9nit\u00e9\u0301 qui marque pourtant une forme d\u2019\u00e9galit\u00e9 supr\u00eame entre les hommes qui finissent tous un jour ou l\u2019autre dans un m\u00eame \u00e9tat. N\u2019est-ce pas cette m\u00eame obsc\u00e9nit\u00e9 qui \u00e0 pouss\u00e9 l\u2019\u00eatre humain \u00e0 se tourner vers la religion pour donner un sens \u00e0 sa vie et ainsi en donner un \u00e0 sa mort ?<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u201cJe n\u2019ai jamais voulu \u00eatre h\u00e9ro\u00efque, j\u2019ai fait du cin\u00e9ma de la mani\u00e8re qui m\u2019\u00e9tait naturelle. Mais en sachant \u00e0 qui je m\u2019adressais, c\u2019est un lien qui s\u2019instaurait. [\u2026] L\u2019unanimit\u00e9 je n\u2018en voudrais pas, je ne pourrais pas. Je ne suis pas Colette, moi. J\u2019aime bien le mot \u00ab contentieux \u00bb. Pareil pour les films. C\u2019est s\u00fbr que j\u2019\u00e9tais une tueuse de cin\u00e9ma. Je le d\u00e9teste le cin\u00e9ma.\u201d <a href=\"https:\/\/www.artinterview.com\/wp-admin\/post.php?post=10820&amp;action=edit#_ftn1\">[6]<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n\n<script>\n  $( document ).ready(function() {\n  var pathDirections = {\n  view: 'M155.5,50l-50-50l-5,5l45,45l-45,45l5,5L155.5,50z M0,50l50,50l5-5L10,50L55,5l-5-5L0,50z',\n  exit: 'M55,50L5,0L0,5l45,45L0,95l5,5L55,50z M100.5,50l50,50l5-5l-45-45l45-45l-5-5L100.5,50z',\n};\n\nvar svgURI = 'http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg';\n\nFlickity.FullscreenButton.prototype.createIcon = function() {\n  var svg = document.createElementNS( svgURI, 'svg');\n  svg.setAttribute( 'class', 'flickity-button-icon' );\n  svg.setAttribute( 'viewBox', '0 0 155.5 100' );\n  \/\/ path & direction\n  var path = document.createElementNS( svgURI, 'path');\n  var direction = pathDirections[ this.name ];\n  path.setAttribute( 'd', direction );\n  \/\/ put it together\n  svg.appendChild( path );\n  this.element.appendChild( svg );\n};\n});\n<\/script>\n\n\n\n<div class=\"mb-3\">\n<div class=\"carousel carousel-main invisible  carnum980816174\" data-flickity='{\"lazyLoad\": 1, \"adaptiveHeight\": true, \"fullscreen\": true, \"imagesLoaded\": true, \"pageDots\": false,\"wrapAround\": true,\"arrowShape\":{\"x0\":10,\"x1\":60,\"y1\":50,\"x2\":65,\"y2\":45,\"x3\":20} }'>\n  \n    <div class=\"carousel-cell is-hidden\">\n      <div>\n      \t<figure>\n        <img itemprop=\"image\"   data-flickity-lazyload-srcset=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/image-w1280-1024x576.jpg 720w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/image-w1280-300x169.jpg 360w\"  sizes=\"(min-width: 1024px) 720px, 360px\"  data-flickity-lazyload-src=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/image-w1280-1024x576.jpg\" alt=\"\" \/>\n\n                <\/figure>\n      <\/div>\n    <\/div>\n    \n    <div class=\"carousel-cell is-hidden\">\n      <div>\n      \t<figure>\n        <img itemprop=\"image\"   data-flickity-lazyload-srcset=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MV5BNjMzNDdhNmQtODlhZS00YTA3LWJiNGQtZDAwMDdjZWE1YjYzXkEyXkFqcGdeQXVyNjY5MDUyMjE@._V1_.jpg 720w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MV5BNjMzNDdhNmQtODlhZS00YTA3LWJiNGQtZDAwMDdjZWE1YjYzXkEyXkFqcGdeQXVyNjY5MDUyMjE@._V1_-300x187.jpg 360w\"  sizes=\"(min-width: 1024px) 720px, 360px\"  data-flickity-lazyload-src=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MV5BNjMzNDdhNmQtODlhZS00YTA3LWJiNGQtZDAwMDdjZWE1YjYzXkEyXkFqcGdeQXVyNjY5MDUyMjE@._V1_.jpg\" alt=\"\" \/>\n\n                <\/figure>\n      <\/div>\n    <\/div>\n    <\/div>\n\n<div class=\"carousel carousel-nav\"\n  data-flickity='{ \"imagesLoaded\": true,\"lazyLoad\": true, \"asNavFor\": \".carnum980816174\", \"contain\": true, \"pageDots\": false, \"prevNextButtons\": false }'>\n            <div class=\"item-thumbnail\">\n        <figure>\n          <img decoding=\"async\" class=\"carousel-cell\" src=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/image-w1280-150x150.jpg\" data-flickity-lazyload=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/image-w1280-150x150.jpg\" alt=\"Thumbnail of \" \/>\n        <\/figure>\n      <\/div>\n            <div class=\"item-thumbnail\">\n        <figure>\n          <img decoding=\"async\" class=\"carousel-cell\" src=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MV5BNjMzNDdhNmQtODlhZS00YTA3LWJiNGQtZDAwMDdjZWE1YjYzXkEyXkFqcGdeQXVyNjY5MDUyMjE@._V1_-150x150.jpg\" data-flickity-lazyload=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/MV5BNjMzNDdhNmQtODlhZS00YTA3LWJiNGQtZDAwMDdjZWE1YjYzXkEyXkFqcGdeQXVyNjY5MDUyMjE@._V1_-150x150.jpg\" alt=\"Thumbnail of \" \/>\n        <\/figure>\n      <\/div>\n        <\/div>\n<\/div>\n<style>\n  .invisible.flickity-enabled {visibility: visible !important}\n  <\/style>\n\n\n<p>Ses films ne sont pas faits par la r\u00e9alisatrice pour plaire au public mais pour l\u2019\u00e9veiller, ils ne sont pas r\u00e9alis\u00e9s pour cr\u00e9er une unanimit\u00e9 mais pour provoquer une r\u00e9action. R\u00e9action d\u2019angoisse ou d\u2019apaisement, de compr\u00e9hension ou d\u2019absurdit\u00e9, c\u2019est un cin\u00e9ma de l\u2019\u00e9motion, un cin\u00e9ma de la r\u00e9flexion et de la passion. En somme, ce que <em>Duras <\/em>a r\u00e9ussi avec son cin\u00e9ma c\u2019est ce qui la caract\u00e9rise dans son \u0153uvre de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, une passion, qu\u2019elle soit vindicative ou admirative, une extraction des \u00e9motions les plus animales de l\u2019homme, un repoussement perp\u00e9tuel de sa condition et de la nature du support filmique.<br><br>Parce que c\u2019est cela <em>Duras <\/em>l\u2019honn\u00eatet\u00e9, le courage d\u2019affirmer la vraie nature de l\u2019homme et d\u2019en accepter les cons\u00e9quences, une femme qui aime les m\u00e9disances, les provocations et qui fit de cette personnalit\u00e9 hors norme, parfois difficile \u00e0 accepter ou \u00e0 cerner, parfois incompr\u00e9hensible dans la violence et le d\u00e9nuement qu\u2019elle offre un atout dans sa cr\u00e9ation. Une artiste qui exprime tout et rien, une artiste de la destruction du masque et de l\u2019apparition de la v\u00e9rit\u00e9, <em>ceteris paribus.<\/em><br><br>L\u2019\u00eatre humain est dans une&nbsp;recherche perp\u00e9tuelle de but. Cette notion de but, de finalit\u00e9 qui nous est impos\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019existe pas dans le film. <em>Duras<\/em> nous d\u00e9voile donc sous la forme de la parr\u00easia nos p\u00e9ch\u00e9s et nos erreurs, nos modes de vie et nos contradictions. Au travers de personnages vides d\u2019\u00e9motions, vides de sens, errant dans des d\u00e9cors vides, des appartements vides, elle nous pousse \u00e0 une anaphore intellectuelle sur le vide qui se trouve en chacun d\u2019entre nous, vide avec lequel nous cohabitons et vivons chaque instant pour r\u00e9pondre \u00e0 un monde qu\u2019elle ne supporte pas&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Je crois qu\u2019il faut d\u00e9truire. Je voudrais qu\u2019on d\u00e9truise toutes les notes, toutes les curiosit\u00e9s qu\u2019on passe dans un immense bain d\u2019ignorance, d\u2019obscurit\u00e9. \u00bb D\u00e9truire pour ne pas reconstruire. Le monde va \u00e0 sa perte. Tant mieux. L\u2019\u00e9crivain doit \u00eatre un agent actif de la destruction de la bourgeoisie et des vieilles r\u00e8gles sociales. D\u00e9truire dit-elle n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but.\u201d<a href=\"#_ftn1\">[7]<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">[1] Pierre Hahn, <em>Les hommes d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas assez f\u00e9minins<\/em>, Paris-Th\u00e9\u00e2tre, n\u00b0198, Juillet 1963.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">[2] Hubert Nyssen, <em>Un silence peupl\u00e9 de phrases<\/em>, Mercure de France, Paris, 1969.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">[3] Michel Foucault, <em>Discours et v\u00e9rit\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de La parr\u00easia, Conf\u00e9rence du 24 octobre 1983<\/em>, \u00c9ditions Vrin, 2016, P.83.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">[4] Michel Foucault, <em>Discours et v\u00e9rit\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de La parr\u00easia, Conf\u00e9rence du 24 octobre 1983<\/em>, \u00c9ditions Vrin, 2016,P.82.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">[5] Laure Adler, <em>Marguerite Duras<\/em>, \u00c9ditions Folio, 1998, P.686.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">[6] <em>Le Monde, <\/em>13 juin 1991.<\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">[7] Laure Adler, <em>Marguerite Duras<\/em>, \u00c9ditions Folio, 1998, PP.636-637.<br><br><br><\/h5>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"717\" src=\"https:\/\/www.artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Film-Duras-1024x717-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10999\" srcset=\"https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Film-Duras-1024x717-1.jpg 1024w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Film-Duras-1024x717-1-300x210.jpg 300w, https:\/\/artinterview.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Film-Duras-1024x717-1-768x538.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"featured_media":10821,"template":"","class_list":["post-10820","critique","type-critique","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","categorie_crit-cinema"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Baxter Vera Baxter \u2013 Parr\u00easia filmique chez Maguerite Duras - Art Interview<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/artinterview.com\/en\/critique\/baxter-vera-baxter-parresia-filmique-chez-maguerite-duras\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Baxter Vera Baxter \u2013 Parr\u00easia filmique chez Maguerite Duras - Art Interview\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Marguerite Duras, \u00e9crivain du XX\u00e8me si\u00e8cle, appartient \u00e0 la caste des \u00e9crivains-r\u00e9alisateurs fran\u00e7ais. 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