Portrait de Orphée : un chant d’amour et de joie (3)
Portrait de Orphée : un chant d’amour et de joie (3)

Orphée : un chant d’amour et de joie (3)

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Avec Catherine Bensaid

Dans les précédents podcasts, nous avons exploré le mythe d’Orphée et nous avons vu à quel point il a fasciné de l’Antiquité à nos jours : il a inspiré les musiciens, les dramaturges, les cinéastes, les chorégraphes et les poètes. Et c’est bien les poètes qui nous intéressent dans cette dernière partie… Après Virgile, Ovide, puis Cocteau et Anouilh, nous allons aborder cette fois-ci une approche plus poétique comme celle d’Aragon, de Rilke Rainer Maria et de Christian Bobin. Nous avons choisi une peinture de Franz von Stuck datant de 1891. On y voit Orphée charmant les bêtes sauvages avec sa lyre et sa poésie. Rappelons que dès son enfance, Apollon lui fit don d’une lyre à sept cordes créée par Hermès. Ce sont les Muses elles-mêmes qui apprirent à Orphée à en jouer et en leur honneur il décida d’y ajouter deux cordes supplémentaires, neuf cordes pour neuf Muses.

Orphée incarne les pouvoirs de la poésie : 
Quand Orphée chantait, toute la Nature se réjouissait, 
Les collines et les chênes se prosternaient au son de sa voix.
Au pied de leur musicien les lions se vautraient, 
Et, charmés par l’écoute, les tigres en oubliaient leur proie.
Sa douce lyre savait attendrir l’impitoyable Pluton.
Le pouvoir de sa musique surpassait la puissance de Jupiter.
(Sonnet à Orphée de Rainer Maria Rilke). 

On sait qu’Orphée chante son désespoir à la suite de la mort de son amour Eurydice. Est-ce que les poètes chantent-ils toujours l’amour perdu ou la douleur d’aimer ? N’y aurait-il pas de poète heureux ?